la future association des CoSS (Coordonnateurs en santé et sécurité) du Québec

Réseau professionnel illustrant la future association des CoSS du Québec en construction
Une voix collective se structure pour faire évoluer la santé et la sécurité sur les chantiers du Québec.

Depuis plusieurs années, un constat revient souvent dans les discussions entre Coordonnateurs en santé et sécurité (CoSS) du Québec : le rôle est essentiel, mais la reconnaissance collective demeure fragile.

Entre les exigences réglementaires, la pression des échéanciers, les réalités économiques et les responsabilités humaines, plusieurs CoSS vivent leur métier de façon isolée. Pas par manque de compétence, mais par manque de structure collective.

L’idée d’une Association des CoSS du Québec ne naît donc pas d’un conflit, mais d’un besoin de maturité professionnelle : se regrouper pour mieux se comprendre, se soutenir et se représenter.

Cette réflexion s’inscrit directement dans la compréhension du métier de Coordonnateur en santé et sécurité, un rôle encore mal défini collectivement malgré son importance sur les chantiers, notamment en ce qui concerne la diligence raisonnable en santé et sécurité.


Pourquoi une association des CoSS du Québec devient nécessaire

Aujourd’hui, de nombreux CoSS se retrouvent dans une position inconfortable :

  • responsables de la sécurité,
  • exposés légalement,
  • mais avec peu de pouvoir réel sur les décisions.

Pris entre l’entreprise générale, les sous-traitants, les syndicats et des instances comme la CNESST, la CCQ ou la RBQ, plusieurs partagent ce sentiment diffus :

« Je porte la responsabilité, mais je n’ai ni levier collectif, ni protection professionnelle réelle. »

L’objectif de cette future association des CoSS n’est pas de s’opposer aux autres acteurs, mais de donner une voix structurée, crédible et collective aux CoSS du Québec.


Étape 1 – Rassembler les CoSS sur une plateforme commune

Avant toute structure légale, il faut d’abord créer la communauté.

Concrètement, cela signifie :

  • regrouper les CoSS sur une plateforme neutre et accessible ;
  • favoriser les échanges entre :
    • CoSS salariés,
    • consultants,
    • indépendants,
    • juniors et seniors ;
  • offrir un espace sécuritaire où chacun peut parler sans crainte de représailles.

👉 L’unité commence toujours par l’écoute.


Étape 2 – Recueillir les préoccupations communes (sans diviser)

Les réalités terrain des CoSS sont diverses. L’objectif n’est pas d’uniformiser les expériences, mais de faire émerger des préoccupations partagées, tout en gardant une unité et un respect mutuel entre CoSS.

Préoccupations fréquemment exprimées

  • Confusion persistante des rôles et responsabilités, notamment entre :
    • le CoSS,
    • l’entreprise générale,
    • les sous-traitants ;
  • Manque de reconnaissance professionnelle face aux autres acteurs du chantier, incluant :
    • les entreprises générales,
    • les syndicats,
    • les donneurs d’ouvrage ;
  • Sentiment d’être utilisé comme “fusible légal” en cas de problème, avec peu de pouvoir décisionnel réel, et parfois peu d’espace pour expliquer ou justifier les contraintes vécues ;
  • Pressions indirectes (et parfois accrues) pour « fermer les yeux » afin de respecter les échéanciers ou éviter des conflits ;
  • Volonté de participer, avec l’expérience terrain, au développement des lois et pratiques SST ;
  • Donner un avis sur la formation (initiale et continue) et proposer des améliorations concrètes ;
  • Mettre en place un mécanisme crédible de reconnaissance de l’expérience et de la compétence (niveaux, classement, équivalences, etc.) ;
  • Ouvrir d’autres débats structurants, notamment :
    • les heures supplémentaires,
    • la classification des chantiers selon leur difficulté / risque,
    • des standards minimaux de pratique.
  • Enjeux économiques (abordés avec maturité) : non pas pour « augmenter le salaire », mais pour éviter que la pression financière nuise à la qualité réelle de la prévention et à l’indépendance du rôle.

Point fondamental

Avant toute prise de position ferme, l’association devra :

  • reconnaître les divergences internes (salariés vs consultants, petits vs grands chantiers) ;
  • comprendre les contraintes de chacun ;
  • bâtir des positions communes minimales;

👉 Rassembler avant de défendre, et respect mutuel entre CoSS.

Étape 3 – Identifier les volontaires pour gouverner l’association

Une association des CoSS du Québec crédible repose sur des personnes engagées et légitimes.

Cette étape implique :

  • identifier les CoSS prêts à s’impliquer :
    • conseil d’administration,
    • présidence / vice-présidence,
    • comités (éthique, pratiques, relations institutionnelles) ;
  • établir des critères clairs :
    • intégrité,
    • indépendance,
    • absence de conflits d’intérêts majeurs.

👉 La légitimité viendra du collectif, pas d’une figure unique.


Étape 4 – Créer une caisse de démarrage collective

Pour éviter toute dépendance externe dès le départ :

  • mise en place d’une caisse de démarrage symbolique
    (ex. 10 $ par CoSS)

Objectifs :

  • financer les premières démarches,
  • couvrir les frais juridiques initiaux,
  • démontrer un engagement réel des membres.

Même modeste, cette caisse représente une force morale et collective.


Étape 5 – Démarches administratives et légales

Une fois la base communautaire solide :

  • création officielle de l’association des CoSS du Québec avec accompagnement juridique ;
  • dépôt des statuts et règlements ;
  • définition claire :
    • de la mission,
    • de la vision,
    • des limites d’intervention.

Le règlement intérieur devra notamment couvrir :

  • la gestion des conflits d’intérêts ;
  • la protection contre l’instrumentalisation ;
  • les processus disciplinaires internes ;
  • la neutralité politique et commerciale.

Étape 6 – Mettre en place une procédure de traitement des cas terrain

Pour être crédible, l’association des CoSS du Québec devra être opérationnelle, pas seulement symbolique.

Exemple de processus possible

  1. Réception du cas
    Signalement par un CoSS (anonymisation possible)
  2. Analyse
    Comité spécialisé
    Qualification du problème (contractuel, SST, éthique)
  3. Traitement
    Recommandations
    Médiation
    Orientation vers les bons mécanismes existants
  4. Intervention collective
    Soutien
    Prise de position structurée si nécessaire

👉 L’objectif n’est pas de remplacer les institutions, mais de donner du poids aux CoSS dans l’écosystème existant.


Étape 7 – S’imposer durablement dans l’écosystème de la construction

Pour exister à long terme, l’association devra :

  • parler d’une voix unie et cohérente ;
  • s’appuyer sur des positions documentées ;
  • devenir une référence sur :
    • les pratiques terrain,
    • la réalité opérationnelle des chantiers,
    • les impacts concrets des décisions réglementaires.

Avec le temps, elle pourra :

  • être consultée officiellement ;
  • participer aux tables de discussion ;
  • influencer les pratiques, sans confrontation inutile.

FAQ – Association des Coordonnateurs en santé et sécurité (CoSS) du Québec

Pourquoi créer une association des CoSS du Québec ?

Parce que les Coordonnateurs en santé et sécurité jouent un rôle central sur les chantiers, mais exercent souvent de façon isolée.
Une association permettrait de structurer une voix collective, de mieux partager les réalités terrain et de renforcer la reconnaissance du rôle des CoSS dans l’écosystème de la construction.

Cette association des CoSS du Québec va-t-elle remplacer la CNESST, la CCQ ou la RBQ ?

Non.
L’objectif n’est pas de remplacer les institutions existantes, mais de compléter l’écosystème en représentant la réalité vécue par les CoSS sur le terrain.
L’association des CoSS du Québec agirait comme espace de concertation, de réflexion et de soutien professionnel, en lien avec les mécanismes déjà en place.

Qui pourra faire partie de l’association des CoSS du Québec ?

L’association des CoSS du Québec se veut inclusive. Elle s’adresse à :
des CoSS salariés,
des consultants,
des indépendants,
des CoSS juniors comme seniors.
L’idée n’est pas d’uniformiser les pratiques, mais de rassembler des profils variés autour de préoccupations communes.

Est-ce que l’association va défendre des positions syndicales ou politiques ?

Non.
La vocation de l’association est professionnelle et neutre.
Elle vise à :
documenter les enjeux,
formuler des positions réfléchies,
favoriser le dialogue.
Toute démarche politique, syndicale ou commerciale partisane serait volontairement exclue afin de préserver la crédibilité et l’indépendance du collectif.

Où en est actuellement le projet d’association des CoSS du Québec ?

Le projet est à une étape de réflexion et de mobilisation.
L’objectif immédiat est de :
rassembler la communauté,
écouter les préoccupations,
identifier des volontaires,
poser les bases d’une structure saine et transparente.
La création formelle viendra après, lorsque le socle collectif sera suffisamment solide.


En conclusion

La création d’une Association des Coordonnateurs en santé et sécurité du Québec n’est pas un combat contre les autres acteurs du milieu.

C’est une démarche de maturité collective :

  • sortir de l’isolement,
  • structurer la profession,
  • transformer un rôle souvent fragile en force organisée et respectée.

👉 La première étape commence ici : se rassembler, écouter et construire ensemble.

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